Yoga sutrâ

Reconnaissance du Soi / Connaissance de soi
Cet ancien traité de psychologie orientale nous amène à la réflexion sur le texte afin de réfléchir sur soi. C’est aussi à la lumière d’une réflexion approfondie, un moyen de se découvrir dans le miroir du texte, se laisser être réfléchi, accepter ce qu’il nous renvoit sur nous-même pour se découvrir et se connaître. Accepter notre reflet dans le texte, afin qu’il nous révéle ce que nous sommes vraiment au-delà de nos croyances et habitudes. C’est une rencontre avec vous-même que je vous propose
à travers l’enseignement de Patanjali, auteur légendaire de ce texte

1er chapitre : Le but du yoga. Définition du yoga et du mental – Comment surmonter les difficultés rencontrées ?
2éme chapitre : Méthode et moyens. Le yoga de l’action – Les pièges de la personnalité – Les deux plans de l’être humain – Les huit membres du yoga.
3éme chapitre : Changements et facultés. Les étapes vers la maîtrise – Les étapes de la transformation – Que faut-il éviter ?
4éme chapitre : La liberté. Le psyché humaine – La nature de l’être humain, sa relation à la vie et la liberté spirituelle qu’il peut atteindre.

Un vendredi sur deux de 19h30 à 21h « étude du texte »

 

Le yoga est une discipline ancestrale, une voie de sagesse, née en Inde. Ses origines sont aussi invisibles et mystérieuses que celles de l’eau d’une source à laquelle nous venons boire pour étancher notre soif de connaissances. Il existe 18 sortes de yoga . Le yoga dont je parle ici est le yoga de Patanjali. Reconnu par toutes les branches du yoga comme traité de référence de cette discipline, son inspiration relève du Véda, ensemble de textes indiens très anciens. On peut situer l’origine du Yoga -sûtra approximativement entre le 4ème siècle avant J.C et le 4ème siècle après. On ne connaît pas grand chose sur son auteur, Patanjali. Mais une légende rapporte l’origine du texte : Le genre humain en détresse priait Dieu de l’éclairer. Dieu envoya un sage qui composa trois traités pour répondre aux difficultés essentielles :
– Un sur la médecine, Caraka-samhitâ, permettant de conserver un corps sain ;
– Un sur la grammaire, Mahâbhâsyam, permettant la communication entre les êtres humains ;
– Un sur le yoga, le Yoga-sûtra, permettant la paix mentale et l’accès aux plus hauts niveaux auxquels est déstiné l’être humain.
La première définition donnée dans ce traité sur ce qu’est le yoga est :
Le yoga est la faculté de diriger les activités du psychisme.
Ensuite il décrit les activités du psychisme :
– La saisie mentale : La perception sensorielle, la réflexion, le témoignage digne de foi.
– L’erreur : La connaissance incorrecte établie sur une interprétation inexacte de la réalité.
– L’imagination : La connaissance formée de mots sans objet réel correspondant.
– Le sommeil profond : Un fonctionnement psychique caractérisé par l’absence d’activité mentale consciente.
– La mémoire : Le fait de retenir un objet expérimenté.
Ces activités regroupées en 5 catégories, produisent ou non de la souffrance. Le yoga cherche à réduire, voir supprimer la souffrance, celle que l’on se crée à soi-même. Les causes de souffrances sont : la méconnaissance, l’ego, l’attachement, le rejet, la peur.
La méconnaissance est le terrain portant les autres. Elle sont latentes, faibles, intemittentes ou actives. A ces causes de souffrances viennent s’ajouter les 9 obstacles rencontrés sur le chemin du yoga : la maladie, l’inertie mentale, le doute, la précipitation, l’épuisement, l’intempérance, l’illusion sur soi, le manque de progrès, la régression sont les obstacles, causes de dispersions psychiques. Les symptômes de cette dispersion sont : La souffrance, les pensées négatives, l’agitation physique, l’inspiration et l’expiration désordonnées.
Son traité est une carte de la psyché et de son fonctionnement, en ce sens il est un traité ancien de psychologie. Il y expose les différents types de personnalités et leurs caractéristiques afin de construire des pratique appropriées à chacun ; en ce sens, il est un traité de psychologie et de pédagogie pour le professeur. D’abord il décrit le but du yoga : un état où la perception existe sans projection mentale. Un état de clarté totale donnant accès à la vérité, au sens de connaissance suprême. Il le nomme “état de samadhi”. Samadhi se traduisant par “état de contemplation”. Puis il donne le moyen pour l’atteindre :
La faculté de diriger les activités du psychisme s’obtient à la fois par la pratique persévérante et le détachement. Pour réduire ou éliminer les obstacles, choisissez “la pratique persévérante d’un seul principe”, ce qui peut signifier, avoir un objectif à la fois.
Il insiste sur notre attitude mentale d’amitié face au bonheur d’autrui, à notre capacité de compassion active face à son malheur, la joie éprouvée face à sa vertu et la neutralité face à son erreur. Il parle de l’importance de la respiration, ses composantes, des possibilités infinies d’utilisations et de leurs effets comme : la clarté mentalepar exemple… Le fait de développer l’objectivité sensorielle permet de la lucidité, plus de discernement et par extention moins de souffrance. Il intégre en complet psychologue, les spécificités de chaque être humain, dans le sens où dans la pratique du yoga : Le rythme, les outils et leurs utilisations seront déterminés en fonction de l’originalité et l’unicité de la personne. Sinon la pratique serait érronée et totalement inefficace.
Il y a ceux qui passe par :
– La compréhension, la réflexion, l’analyse du plus grossier au plus subtil.
– La discipline et ses effets transformateurs. Pour exemple : un rendez-vous quotidien sur le tapis de yoga pendant une longue période de temps va installer un nouveau samskara (comportement) qui prendra le dessus sur un ancien et permet ainsi un vrai processus de transformation, sans enlever ou rejeter ; mais en créant du nouveau, une autre possibilité jusqu’alors non expérimentée.
– La sagesse chez les êtres “extra-ordinaires”comme les saints, les sages qui doivent malgrès leur condition spirituelle élevée, rester vigilents sur la maintenance de leur état et ce qu’ils en font.
– La foi.
– L’abandon à un être plus élevé que soi : La nature, l’univers, dieu ou un dieu, tout ce qui représente un modèle d’élévation. Une représentation de ce qui est justement au delà de toutes souffrances, de ses causes et de ses effets.
Ce pourrait être se concentrer sur un être aux passions apaisées par exemple.
Quelque soit la voie choisi, l’obtention d’une conscience intérieure et la réduction des obstacles survient.
L’esprit transparent tel une pierre précieuse reflète uniformément les caractéristiques de l’objet perçu, de l’instrument de perception et de “l’agent qui perçoit”. La mémoire est totalement purifiée, comme si l’esprit était dépourvu de son identité.

Dans le premier chapitre, Patanjali définit le yoga, son but et donne des moyens adaptés à ceux qui en sont proches. Ceux dont l’esprit est stable et qui peuvent atteindre l’état de yoga grâce à l’approche méditative.

Dans le deuxième, il présente un yoga adapté à ceux que l’activité a éloigné de cet état. Ils sont moins stables et peuvent arriver au but par la démarche exposée dans ce chapitre, Il appelle ce yoga : “Le yoga de l’action”. Celui-ci répond aux difficultés de la vie active, avec une démarche comportant huits membres, incluant tous les plans de l’être humain.

Les principes relationnels : Non-violence, véracité, honnêteté, modération et non convoitise ; les principes personnels : Purification, contentement, discipline de vie, étude des textes sacrés et dévotion à l’Être omniscient ; la pratique de posture, la pratique du contrôle du souffle, le retrait des fonctions sensorielles vis-à-vis des objets, la concentration, la méditation, samâdhi (contemplation) sont les huit membres du yoga. Lorsque ceux-ci sont fermement pratiqués dans “les règles de l’art”, alors le voile masquant la clarté de la perception est détruit et le mental devient apte aux concentrations. La maîtrise sensorielle survient lorsque les fonctions sensorielles sont dissociées de leurs objets propres, comme s’ils se conformaient à la nature de l’esprit.
Alors les fonctions sensorielles sont parfaitement maîtrisées. Le deuxième chapitre introduisait le principal moyen pour atteindre le but du yoga : les huits membres. Les cinq premiers constituent la fin de ce chapitre et les trois derniers, le début du troisième. Patanjâli souligne ainsi le fait que ces derniers sont plus un résultat qu’un moyen. c’est la floraison. Il développe alors leur accomplissement dans la maîtrise de “facultés exceptionnelles”. L’éclosion de ces potentiels est représentée avec ses effets positifs et ses dangers éventuels, et culmine dans l’état de libération, thème du quatrième chapitre.